vendredi 19 octobre 2007

The boys in the backroom

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Quand je n'écris pas à S.A.S le Prince Héréditaire, que l'heure des visites est finie, le flux de ma pensée reflue dans la mémoire de mon passé. Et, livré à ma solitude, j'erre dans la zone d'ombre des souvenirs incroyables. Je revois ce bar. Je me souviens des spots rouges et des lumières srtoboscopiques. Du strict dress code: Blousons de cuir, jeans cuir, chaps, cagoules et harnais, cockrings et rangeos, etc. Full leather or full nacked. No perfumes. L'odeur de la sueur, de la fumée, des relents de bière et du Jungle Juice. Du Crisco, des culs ouverts comme des pizzas des mecs dans le sling, des types à genoux ivres de substances, des corps emmêles. Du sol maculé de sperme et d'urine. Du sexe et de mes fantasmes. De mes fantômes.
Tout cela, maintenant si loin, si semblable à un cauchemar, a-t-il jamais existé? Quelle folie, quel dimôn, me poussaient à me rendre là-bas?
Je veux parler à l'infirmière de garde.
-Vous savez... Non, vous ne pouvez pas savoir... J'ai connu des endroits... Vous ne pouvez pas même imaginer tout ce que j'y ai vu, tout ce qu'on y fait... C'est l'enfer...
-N'y pensez plus, ça ne sert à rien. Oubliez! Ne pleurez pas... Ne pleurez pas... Ça vous fait tousser.
Et elle me dira ce mot de Victor Hugo: "Chaque homme dans sa nuit s'en va vers sa lumière".

Une fenêtre sur rien

Un matin après la toilette. Les aides soignantes m'ont lavé. Un infirmier - un très beau garçon- est venu raser ma barbe. Il m'a raconté qu'il courait des marathons. Un sportif de haut niveau, il réalise le même temps que la troisième championne mondiale de la discipline. La "Réa" c'est l'antichambre de la morgue. Pour beaucoup. Ici et plus qu'ailleurs, il n'y a pratiquement que des vieillards. Grabataires, la plupart inconscients. Je fais exception. Ma jeunesse -je n'ai pas encore quarante ans- me vaut l'attention de tout le personnel hospitalier. On voudrait me faire plaisir.
-Aimeriez vous Monsieur, que l'on place votre lit dans le sens opposé, il y a une fenêtre...
Que voit on par cette fenêtre derrière moi?
-A vrai dire pas grand chose: un mur de briques.
-Y a-t-il de la végétation?
-Pas grand chose non plus: c'est un peu sombre, il y a juste un tapis de lierre.
-Alors c'est inutile. Laissez le lit comme il est.
-Voulez vous avoir une télé?
La rumeur du temps ne m'intéresse plus. Je ne veux pas davantage d'une fenêtre sur le monde.

Un jour mon Prince viendra...

Il y eut la nuit et presque cela uniquement pendant douze jours. Et des nuits sans sommeil et sans rêves. Sans âme. Juste la pesanteur du corps, la difficulté d'être. D'être encore. Je parlais peu. C'est trop dur de parler quand on peut à peine encore respirer. Je pensais beaucoup. Pour m'occuper. A quoi? Vous ne sauriez imaginer les futilités qui viennent à l'esprit dans ces moments là. J'étais aux limites extrêmes de la survie et j'avais des envies de midinette.
Enfant, lorsque nous allions en vacances à Roquebrune Cap-Martin, je ne concevais rien de plus extraordinaire que de pouvoir habiter à Monaco. Au pays des milliardaires, dans une principauté dont la princesse est la plus belle star d'Hollywood. Monaco maintenant j'y étais et pas de deadline pour mon séjour.
Dans ce lit, du même service de réanimation où est décédée Grace Kelly, je ne désirais qu'une seule chose: recevoir de Son Altesse Sérénissime le Prince Héréditaire, une photo dédicacée! Rien que ça... Cent et cent fois dans ma tête, je rédigeais et réécrivais la lettre pour le Palais. Viendrait il seulement le Prince? Non bien sûr Albert ne viendra pas. Pas au chevet d'un malade du sida. Mais il pourrait déléguer son aide de camp... ou un carabinier... ou simplement faire envoyer la photo par la poste. Je recommence encore une fois la lettre et je la recommencerai des heures durant.
Et je me suis dit non, c'est idiot. Je ne l'ai pas écrite.

vendredi 12 octobre 2007

Nati poenas incliti

Je la revois, assise à ma droite. Calme, posée, très contenue. C'était durant l'après-midi. Dans cette salle de réanimation où ne pénétrait pas la lumière du jour, où le jour et la nuit se confondaient dans le temps suspendu. D'abord elle ne dit rien. Et elle parla.
-Veux tu, Alexandre, que l'on prie Jésus? Ensembles tous les deux, toi et moi?
Tiens c'est nouveau ça... Elle se souvient de mon adolescence où je fréquentais, entraîné par Myriam, le Renouveau Charismatique ,où la nuit de Noël il me fallait une messe de minuit, de ces pâques où j'allais à Soligny ... Cela ressemblait si peu à ma mère.
Cinglant ce fut un cri: Non! Ne pas prier! Pas Lui! Qu'Il repose, le Sage, en paix, dans sa tombe à Shrinagar ... Et pas avec elle. Je n'ai pas envie de partager ma douleur. C'est tout ce qui me reste, ma douleur.
Souvent dans ma vie j'ai prié. J'ai pleuré dans les églises, comme à seize ans, quand je fus éconduit par mon premier amour... Et prier c'est quoi? Comme le disent certains textes gnostiques, ce n'est pas interrompre l'hiver. C'est attendre l'été.
Allors prier, non; il est urgent de vivre.

mercredi 3 octobre 2007

Free Burma


Pour la liberté en Birmanie, contre la dictature militaire et tous les totalitarismes.
Leur liberté e(s)t la notre.