mercredi 9 mai 2007

L'intervalle

Oui ce matin là j'avais pris froid. Ça a commencé par un rhume. Puis des accès de fièvre. Il y avait du Doliprane dans l'armoire à pharmacie. J'en ai pris: deux, quatre, six, huit comprimés. Baisse de température, retour à la normale, puis reprise de la fièvre. Ce ne doit pas être le bon traitement. On recommence. Nouvel échec. Il me reste des provisions que j'avais faites pour les dernières vacances: deux boites d'antibiotiques à large spectre. Je les prends. Comme des bonbons. La fièvre baisse, ça dure quelques jours, un petit sursis et hop, ça remonte et de plus belle !!! Je n'y comprends rien et je n'en peux plus, je me traîne, sors de moins en moins. Je ne quitte plus mon lit. B. m'apporte des fruits: des framboises, des cerises, des abricots du Chili. Ce sont les seules choses que je puis avaler avec plaisir. Disons délectation... Et Noël approche...

mercredi 2 mai 2007

Faire le vide

Assez. J'en avais assez de notre logement plus en chantier qu'enchanteur, toujours "en travaux" depuis que nous y vivons.
Assez du désordre, des bouquins empilés un peu partout et des cartons qui font croire à un déménagement imminent. Un matin j'ai dit: ça va changer! Ranger, trier, mettre de l'ordre dans ce chaos qui est comme à l'image de ma vie intérieure.
Et il y a le voisin de pallier, cet instituteur homophobe que je ne supporte plus; qui m'insulte limite agressif, chaque fois que j'entrouvre la porte. "Vous vivez dans un taudis". Peut-être. Mais qu'est-ce que ça peut lui faire? Chez lui tout est propret, il est fier de son piano droit très cheap surmonté d'une reproduction de la Nuit étoilée. Marques de la culture et du goût. Minable. Nous n'avons pas les mêmes valeurs. C'est vrai, entre acheter un parquet de chêne plus convenable qu'un plancher technique ou une estampe rare, B. et moi n'avons jamais hésité: les Tapiès et les Odilon Redon d'abord!
J'ai commencé par occulter les fenêtres. Les vitres sur les deux tiers de leur hauteur sont couvertes de papier calque pour que l'on ne voit rien. J'ai fait le vide. Classé les livres sur les étagères, par genre et par taille. J'ai multiplié les aller-retours entre la maison et le BHV pour en rapporter des caissettes en pvc où j'ai empilé les vêtements triés par série. Fait une sorte d'inventaire. Je sais à présent où tout se trouve. Plus besoin de chercher.
Je peins l'appartement en écoutant Radio Coutoisie. C'est un peu à droite, un peu catho. Je suis sur l'échelle et il y a une émission sur l'art contemporain, un entretient avec Patrick Gilles Persin, un ami et confrère critique. J'avais connu Benjamin son conpagnon, un jeune homme charmant, journaliste doué. Je me rappelle ce reportage à la télé où on le voyait courir à toutes enjambées, le long de l'immense fresque de Jean Dewasne à la Grande Arche de la Défense. Benjamin n'est plus de ce monde. Lui aussi mort du sida.
Les murs à présents sont blancs. Tout est blanc.