mardi 3 juillet 2007

L'arrivée

Une autre gare, un autre quai, toujours si long. Pas de welcoming commitee! Ils ne sont pas au rendez-vous. Once more. Mes parents sont toujours en retard, à en déduire que je suis à peine attendu. La station est immense, gigantesque et m'évoque cet endroit où Monsieur S. m'avait emmené pour un ultime pèlerinage dans les ombres brunes de son passé... La valise, le sac à dos et ma fatigue. Du courage, encore un peu jusqu'à l'escalator. Ils n'ont pas voulu descendre, ils sont en haut. Mes bagages posés je les embrasse. Ma Mère me jette un regard inquiet que je n'oublierai jamais.
- Comme tu es maigre, tu es blanc. Tu es malade n'est-ce pas? Tu as le sida!
Décidément Marie-Josée est comme toujours excessive! Empressée d'imaginer le pire, chez elle une sorte d'instinct.
- Non, je n'ai pas le sida. Simplement une forte grippe. J'ai vu le médecin, je prends des antibiotiques, ça ira mieux dans quelques jours. Et puis cela fait presque trois semaines que je ne mange pratiquement plus. Et même rien, j'en suis presque à voir la Sainte Vierge...
L'incident est clos. Je sais qu'ils n'ont rien préparé. Une année même, ils étaient venus me chercher à l'aéroport de Nice le soir du 24 décembre et nous avons réveillonné avec une boite de sardines, achetée à l'épicerie du coin juste avant la fermeture. Mais aujourd'hui je n'ai pas la force d'aller faire des courses.